Santé mentale

Message clé

Le Canada doit investir davantage dans les ressources et les services de soutien en santé mentale pour les rendre plus accessibles aux élèves, au personnel enseignant et aux autres professionnelles et professionnels de l’éducation.

Pourquoi la santé mentale est-elle un enjeu dans le système d’éducation publique de la maternelle à la 12e année?

Les problèmes de santé mentale touchent tant les élèves que les enseignantes et enseignants. Si, pour les élèves, l’accès aux services de santé mentale est un droit de la personne, pour le personnel enseignant, c’est un droit qui relève des droits des travailleurs et travailleuses. Les élèves doivent avoir accès à du soutien psychosocial adapté à leur âge, tandis que les enseignantes et enseignants doivent gérer et reconnaître les problèmes de santé mentale chez les élèves tout en s’occupant de leur propre bien-être.

Seulement un enfant sur cinq ayant besoin de services de santé mentale les reçoit. Bon nombre d’enseignantes et enseignants estiment que la stigmatisation et la discrimination constituent de gros obstacles à la prestation de services de santé mentale aux élèves. Ils constatent également que, dans les populations scolaires diversifiées, les enfants et les jeunes se heurtent en outre à des obstacles linguistiques et culturels[i]. La plupart des enseignantes et enseignants n’ont suivi aucune formation sur la santé mentale des élèves ou la santé mentale du personnel enseignant.

Que nous dit la recherche sur la santé mentale des élèves et du personnel enseignant?

  • De 10 à 20 % des jeunes Canadiens et Canadiennes sont aux prises avec une maladie mentale ou un trouble mental, les « troubles les plus incapacitants au monde[ii]».
  • Certains problèmes de santé mentale comme l’anxiété, le TDAH et les troubles des conduites font leur apparition dès l’âge de 4 ou 5 ans, ce qui rend le dépistage et l’intervention précoces déterminants pour la réussite des élèves[iii].
  • Comme les enfants et les jeunes de 5 à 14 ans affichent « la plus forte augmentation de tous les groupes d’âge dans l’utilisation des services pour des troubles de l’humeur et de l’anxiété[iv]», ils ont besoin d’un milieu scolaire capable de s’adapter et de répondre à leurs besoins particuliers sur le plan physique, intellectuel, psychologique et affectif.
  • Les problèmes de santé mentale les plus courants chez les enseignantes et enseignants, comme la dépression, l’anxiété et l’épuisement, peuvent être provoqués ou aggravés par des attentes constantes et déraisonnables, de lourdes charges de travail, les menaces de violence des élèves, le manque de soutien éducatif et l’insuffisance des services de santé mentale pour les élèves.
Références

[i] Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, Comprendre les perspectives du personnel enseignant sur la santé mentale des élèves, [En ligne], 2012. [https://publications.ctf-fce.ca/fr/produit/comprendre-les-perspectives-du-personnel-enseignant-sur-la-sante-mentale-des-eleves/] (Consulté le 1er avril 2019).

[ii] Association canadienne pour la santé mentale, Information rapide : La santé mentale / la maladie mentale, [En ligne]. [https://cmha.ca/fr/propos-de-l-acsm/information-rapide-la-sante-mentale-la-maladie-mentale ] (Consulté le 1er avril 2019).

[iii] Commission de la santé mentale du Canada, Faire valoir les arguments en faveur des investissements dans le système de santé mentale du Canada à l’aide de considérations économiques, [En ligne], 2017. [https://www.mentalhealthcommission.ca/sites/default/files/2017-03/case_for_investment_fr.pdf] (Consulté le 1er avril 2019).

[iv] Ibid.

[v] Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, Comprendre les perspectives du personnel enseignant sur la santé mentale des élèves, [En ligne], 2012. [https://publications.ctf-fce.ca/fr/produit/comprendre-les-perspectives-du-personnel-enseignant-sur-la-sante-mentale-des-eleves/] (Consulté le 1er avril 2019).

[vi] Kristen Ferguson, Yvonne James et Ivy Bourgeault, « Teaching Case Study Summary » (non publié), SSHRC Healthy Professional Worker Study, 2018.

[vii] Ibid.

Que faut-il faire?

  • Il faut offrir aux enseignantes et enseignants des possibilités de perfectionnement professionnel pour non seulement qu’ils apprennent à reconnaître les signes d’une mauvaise santé chez les élèves, mais également qu’ils connaissent mieux leurs droits et obligations en tant que travailleuses et travailleurs se trouvant peut-être dans un milieu de travail toxique.
  • Comme les troubles de santé mentale peuvent exacerber les problèmes sur le plan du rendement scolaire et des relations avec le personnel enseignant et les autres élèves[v], il faut fournir aux écoles des fonds suffisants pour offrir des services professionnels, par exemple de psychologues scolaires et de conseillers ou conseillères, ainsi que du perfectionnement professionnel pour aider les enseignantes et enseignants à soutenir les élèves en difficulté de la meilleure façon possible.
  • Il faut recruter des travailleuses et travailleurs sociaux, des psychologues scolaires et des conseillers et conseillères pour appuyer tant les élèves que le personnel[vi].
  • Il faut investir suffisamment dans les services de santé mentale dont ont besoin le personnel enseignant, le personnel de soutien à l’éducation et les élèves, et rendre ces services accessibles pour réduire les problèmes de violence et d’épuisement professionnel, et améliorer l’équilibre travail-vie[vii].

Quoi demander aux dirigeants politiques?

  • Que prévoit faire votre parti pour faire mieux connaître les ressources et les services de soutien en santé mentale et les rendre plus accessibles aux élèves, au personnel enseignant et au personnel de soutien à l’éducation, de la maternelle à la 12e année, dans les écoles publiques financées par l’État au Canada?
  • Comment votre parti pourrait-il faire de la santé mentale une plus grande priorité pour les Canadiennes et Canadiens?
  • Que pourrait faire le gouvernement pour détruire les mythes entourant la maladie mentale?
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